Selon un reportage récent de CNN, de nombreuses entreprises chinoises paient des étrangers blancs, de préférence avec aucune compétences en langue chinoise, pour se joindre à eux à titre de faux employés ou partenaires d’affaires.
La technique est employée notamment lors de repas d’affaire.
On surnomme l’étranger ainsi employé « L’homme blanc en cravate », « l’homme blanc à la fenêtre », ou encore « le figurant ».
Avoir un étranger blanc comme « employé » donnerait du prestige à la société, apporterait de l’argent, et faciliterait les connexions de plus en plus cruciales pour les entreprises à l’étranger.
« Le visage, dit-on en Chine, est plus important que la vie elle-même [...] Parce que les pays occidentaux sont plus développés, les Chinois pensent qu’ils sont plus aisés et que si une entreprise peut embaucher des occidentaux, celle-ci doit avoir beaucoup d’argent et de relations importantes à l’étranger. Ainsi, quand ils veulent vraiment impressionner quelqu’un, ils peuvent mettre en scène un étranger. « , explique Zhang Haihua, auteur de Think like Chinese.
La plupart du temps ces « visages blancs » ne parlent pas chinois, ainsi libre à leurs employeurs de parler à leur place. Pour ceux parlant chinois on leur demande le plus simplement du monde de mentir de façon à mettre en avant la société censée travailler avec eux.
Certains sont payés 1000 dollars par mois et d’autres que quelques dizaines de dollars pour flâner dans le hall de la société afin de lui donner une dimension plus internationale car souvent dans les affaires en Chine, l’apparence peut compter autant que la réalité.
Depuis l’avènement des réseaux sociaux (sites participatifs ou web 2.0), l’e-réputation (la réputation sur Internet également appelée web-réputation, réputation numérique ou réputation en ligne) est au centre de la communication globale de toute entreprise qui se respecte ou veut se faire respecter.
Avec le web 2.0, l’information circule très rapidement sur Internet. Et l’image d’une entreprise ou d’une marque peut être aisément ternie.
C’est ainsi que sont nées les agences de communications spécialisées dans l’e-réputation.
En Chine plus qu’en France, ces sociétés pullulent. C’est ainsi qu’une recherche sur Baidu (le moteur de recherche n°1 en Chine) sur des expressions comme « société de suppression d’informations » retourne plus d’un million de résultats parmi lesquels des milliers d’entreprises proposent leurs services.
Ces agences chinoises spécialisées sur la réputation en ligne proposent différentes tarifications et forfaits, et les frais pour la suppression d’un texte sur Internet sont de l’ordre de plusieurs milliers de yuans ; Il est courant par exemple d’atteindre 10 000 yuans pour une suppression sur les plus grands réseaux sociaux.
Pour les sociétés les plus fortunées et les plus soucieuses de leur image, divers services sont proposés comme des outils permettant d’être tenu au courant en temps réel de ce qui se dit sur la toile à leur sujet.
La suppression des messages et textes portant atteinte à la réputation des sociétés, consiste d’abord à contacter l’administrateur du site visé, qui pour la plupart du temps, accepte de retirer les dits messages contre rémunération. Si l’administrateur refuse, il est fait alors appel à l’algorithme des moteurs de recherche pour « déférencer » les pages en question, c’est-à-dire, les faire disparaître des résultats.
Si comme toute réputation, plutôt que de se corriger, l’e-réputation se construit en amont, ces agences de communication proposent également de construire une notoriété à ses clients en employant des individus payés à rédiger des avis positifs sur les forums, réseaux sociaux et autres sites d’opinion. Chacun de ces messages postés rapporte 50 centimes de yuans (wu mao 五毛) à son auteur alors surnommé « 五毛党 » (qu’on pourrait traduire par « wumao-iste« ).
Selon un article du journal national chinois zhongguo gaige bao (journal des réformes nationales) datant du 11 avril 2009, Sanlu aurait fait appel à ce genre de services lors du scandale du lait contaminé à la mélamine.
De hauts fonctionnaires chinois auraient également eu recours à ces pratiques pour que leurs méfaits ne se retrouvent pas diffusés à tout va sur Internet, dans un pays où la dénonciation est encouragée et où les sanctions sont lourdes.
Cet intérêt pour l’e-reputation pousse cependant à l’arnaque quelques sociétés de communication peu scrupuleuses qui rédigent des messages négatifs concernant certaines sociétés et se font ensuite payer par ces dernières pour les supprimer.
A ce jour, il n’existe pas de réglementation légale pour encadrer cette activité sensible mais un projet de règlement au niveau national est actuellement à l’étude.